Souvenir de tes yeux rieurs, de l'odeur de tes cheveux, souvenir de soirées
trop alcoolisées, de cris et de larmes.
Souvenir de ton visage hamoché, de ta lèvre tuméfié, souvenir de l'odeur âcre des couloirs blancs, des girophares.
Souvenir de ta présence, souvenir de ton amour, souvenir de ton indifférence feinte et de tes sautes d'humeurs.
L'excessif, trop souvent entiché pas assez attaché, toujours plus loin jamais trop près.
Tout en toi me manque. Quand mes lèvres frôlent celles d'un autre c'est toi que j'espère voir en ouvrant les yeux.
Sois sage gamin, je sais que tu n'en n'es pas capable. Mais... je suis enfin prête à te dire que je t'aime.
Trop tard ?
Des journées sans début, sans fin. Des journées qui ressemblent à rien. Je titube de l'entrée au bar, le vigile me lance un regard noir. "Rock the Casbah", je lève
le bras, ferme les yeux. C'est agréable cette sensation, le noir complet, la musique et la chaleur. L'alcool qui me brûle encore la gorge, l'alcool qui colle sur mes mains sales, l'alcool qui
mouille ma peau à travers mon t-shirt taché de vin. Je console une fille aux toilettes, je vais pisser, me vider, griller une clope et inspirer l'air frais de ce mois de février. Et ces connards
qui sont là, à me tenir les hanches, à me dire "another vodka shot ?". Mais vas-y enfoiré, paye ta tournée, c'est pas pour autant qu'on va baiser.
Ca pue la crise d'ado retardée à plein le nez. Je m'en veux de devenir ce cliché de fêtarde, je m'en veux de chialer parce que j'ai rien à faire ce soir. C'est
honteux d'en être arrivé à ce stade, celui où tu peux plus passer une soirée au calme sans t'emmerder, sans déprimer. Je commence à comprendre ces gens qui se laissent aller, vont de soirées en
soirées, et sortent jamais de ce cercle infernal qu'est la nuit parisienne. J'ai peur de me perdre en chemin, entre Bastille et Ledru-Rollin.
Je vous laisse là dessus. Beaucoup de choses à écrire encore, pourtant. Faut que j'aille voir un psy.
Je sais que le Démon fréquente volontiers les lieux arides, et que l'Esprit de
meurtre et de lubricité s'enflamme merveilleusement dans les solitudes. Mais il serait possible que cette solitude ne fût dangereuse que pour l'âme oisive et divagante qui la peuple de ses
passions et de ses chimères.
(...)
"Ce grand malheur de ne pouvoir être seul!..." dit quelque part La Bruyère, comme pour faire honte à tous ceux
qui courent s'oublier dans la foule, craignant sans doute de ne pouvoir se supporter eux-mêmes.
"Presque tous nos malheurs nous viennent de n'avoir pas su rester dans notre chambre", dit un
autre sage, Pascal, je crois, rappelant ainsi dans la cellule du recueillement tous ces affolés qui cherchent le bonheur dans le mouvement et dans une prostitution que je pourrais appeler
fraternitaire, si je voulais parler la belle langue de mon siècle.
"La Solitude", Baudelaire.
- Aller à Berlin
- Aller à Londres
- Aller à Oslo
- Aller à Stockholm
- Aller à Rome
- Me faire tatouer avec M.
Par Elle.
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Mal au crâne, pas de celui produit par le verre de vin de trop ou par une soirée trop agitée. Je passe trop de temps devant cet écran à me tuer les yeux et à me tuer le cerveau. Je fous rien, ça
gèle dehors, je me déciderai piteusement à bouger que quand il fera nuit. Ce qui est franchement stupide quand on y pense. Ah j'ai mal aux lèvres, mes mains sont carrément sèches et mon portable
d'Ivana Trump sonne trop peu à mon goût. Période d'hibernation générale. Fait chier.
Au fait, cet article est un prétexte pour poster une photo que j'aime bien.
Vendredi 12 décembre 2008
Je regarde défiler Paris à travers les vitres du taxi. Il fait sombre et je réalise soudain que je suis
Place des Vosges, qu'il est trois heures, que merde, c'est beau. Y'a les talons de mes boots qui claquent sur le trottoir et j'entends le taxi filer dans la nuit noire.
En ce moment j'ai le besoin irrepressible, et je crois que ça a toujours été le cas, de chercher de la beauté partout. J'ai envie de poésie en permanence. Dans le métro je me surprend à être
émue par la succession de fils éléctriques, de câbles, de gris, de noir, d'ocres et de crasse. J'aime bien le désordre. Quand je remonte la rue de Bagnolet avec Cat Power dans les oreilles,
j'ai envie d'avoir la voix éraillée, d'aller faire un tour au Père Lachaise et de m'asseoir dans le froid pour regarder autour de moi. Mais j'ai l'impression de manquer de couilles, c'est con à
dire mais je voudrais faire des trucs un peu plus fous que de finir au McDo de St Lazare un dimanche à 23h parce que j'ai pas eu le courage d'aller voir la Tour Eiffel. Je suis une aspirante
poète, une fille qui voudrait être imprévisible mais ne l'est pas entièrement, pas capable de faire ce dont elle a envie. Contrainte par son petit confort, son sens de la raison un peu middle
class et ennuyeux. En janvier Margaux et moi on va se faire tatouer. Je veux deux petits trucs, à deux endroits différents, mais c'est top secret.
Par le plus grand des hasards ma lettre a eu une réponse ce soir, ce qui termine en beauté cette soirée qui est
probablement la pire que j'ai passé ces derniers temps. Trop de choses qui s'accumulent et qui m'empêchent de me sentir bien. J'ai les yeux explosés par les larmes et le menton qui tremblote
encore, y'a mon lit qui m'attend mais je peux pas compter sur un corps ce soir pour faire office de chauffage. Je m'étais presque attachée à une odeur, à des draps, à un grain de beauté. Y'a le
futur qui se barre en couille et le passé qui s'y met. Alors le présent, je vous raconte pas...
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