Vendredi 24 juillet
5
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/07
/Juil
14:04
Souvenir de tes yeux rieurs, de l'odeur de tes cheveux, souvenir de soirées
trop alcoolisées, de cris et de larmes.
Souvenir de ton visage hamoché, de ta lèvre tuméfié, souvenir de l'odeur âcre des couloirs blancs, des girophares.
Souvenir de ta présence, souvenir de ton amour, souvenir de ton indifférence feinte et de tes sautes d'humeurs.
L'excessif, trop souvent entiché pas assez attaché, toujours plus loin jamais trop près.
Tout en toi me manque. Quand mes lèvres frôlent celles d'un autre c'est toi que j'espère voir en ouvrant les yeux.
Sois sage gamin, je sais que tu n'en n'es pas capable. Mais... je suis enfin prête à te dire que je t'aime.
Trop tard ?
Vendredi 27 mars
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14:47
Je me trouve pathétique à ruminer, à rester bloquée sur ce qui n'aura même pas été une histoire d'amour. Juste trois mois d'insouciance, trois mois de soirées sous la couette, trois mois d'un
français approximatif. C'est à la fois pas assez, mais déjà trop pour moi. Je voudrais lui être indifférente, j'aimerais pouvoir être sincère quand je dis que tout va bien, quand je lui fais un
sourire et que je plaisante avec lui au détour d'une soirée un peu arrosée. Mon verre de vin à la main, les lèvres violettes, les mains tremblantes, une cigarette aux lèvres ; sans son affreuse
parka pour me réchauffer. C'est triste, j'ai sûrement, et cela très inconsciemment, projeté un peu trop sur ce garçon. Même si je me forçais à me dire qu'on était pas ensemble, que c'était cool,
que je m'en fichais. Je réalise trop tard que c'était pas le cas. Ma vie est, à l'image de mon appartement, un gros bordel. Des sapes partout, cuir carreaux soie léopard, des photos, des clopes
et des médocs, des mecs, des potes, tous différents, des souvenirs entassés un peu partout, et ces soirées qui ne terminent jamais...
Heureusement, y'a le soleil qui sèche les goutes de pluie qui parsemaient le trottoir d'en face. Et les énormes tartes au citron de la rue des Rosiers.
Alors c'est pas que j'ai pas le temps, juste rien de très neuf à écrire.
Jeudi 26 février
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00:39
Aujourd'hui j'ai :
Récupéré des vieux numéros du New Yorker, un sublime vinyl de Dylan, profité de la lampe chauffante d'une terrasse pleine un après-midi de février, affirmé aimer les tatouages et les tigres,
écouté le dernier Lily Allen, découvert qu'"Everybody but me" de Lykke Li me ressemblait, pensé à un homme, été triste à l'idée qu'il soit avec une autre, pensé à un garçon, eu envie de lui, mis du
blush sur mes joues, fumé une cigarette au lit et plusieurs machinalement, râté un concert, trouvé des vieux bonbons dans une boîte, chanté.
Et beaucoup d'autres choses.
Dimanche 15 février
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23:38
Des journées sans début, sans fin. Des journées qui ressemblent à rien. Je titube de l'entrée au bar, le vigile me lance un regard noir. "Rock the Casbah", je lève
le bras, ferme les yeux. C'est agréable cette sensation, le noir complet, la musique et la chaleur. L'alcool qui me brûle encore la gorge, l'alcool qui colle sur mes mains sales, l'alcool qui
mouille ma peau à travers mon t-shirt taché de vin. Je console une fille aux toilettes, je vais pisser, me vider, griller une clope et inspirer l'air frais de ce mois de février. Et ces connards
qui sont là, à me tenir les hanches, à me dire "another vodka shot ?". Mais vas-y enfoiré, paye ta tournée, c'est pas pour autant qu'on va baiser.
Ca pue la crise d'ado retardée à plein le nez. Je m'en veux de devenir ce cliché de fêtarde, je m'en veux de chialer parce que j'ai rien à faire ce soir. C'est
honteux d'en être arrivé à ce stade, celui où tu peux plus passer une soirée au calme sans t'emmerder, sans déprimer. Je commence à comprendre ces gens qui se laissent aller, vont de soirées en
soirées, et sortent jamais de ce cercle infernal qu'est la nuit parisienne. J'ai peur de me perdre en chemin, entre Bastille et Ledru-Rollin.
Je vous laisse là dessus. Beaucoup de choses à écrire encore, pourtant. Faut que j'aille voir un psy.
Je sais que le Démon fréquente volontiers les lieux arides, et que l'Esprit de
meurtre et de lubricité s'enflamme merveilleusement dans les solitudes. Mais il serait possible que cette solitude ne fût dangereuse que pour l'âme oisive et divagante qui la peuple de ses
passions et de ses chimères.
(...)
"Ce grand malheur de ne pouvoir être seul!..." dit quelque part La Bruyère, comme pour faire honte à tous ceux
qui courent s'oublier dans la foule, craignant sans doute de ne pouvoir se supporter eux-mêmes.
"Presque tous nos malheurs nous viennent de n'avoir pas su rester dans notre chambre", dit un
autre sage, Pascal, je crois, rappelant ainsi dans la cellule du recueillement tous ces affolés qui cherchent le bonheur dans le mouvement et dans une prostitution que je pourrais appeler
fraternitaire, si je voulais parler la belle langue de mon siècle.
"La Solitude", Baudelaire.
Dimanche 1 février
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20:04
Lundi 26 janvier
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19:15
- Aller à Berlin
- Aller à Londres
- Aller à Oslo
- Aller à Stockholm
- Aller à Rome
- Me faire tatouer avec M.
Par Elle.
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Mardi 20 janvier
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18:26
mardi 20/01. rien à foutre.
last cigarette. volée à ma soeur
last alcoholic drink. vin blanc, dimanche
last car ride. dimanche
last kiss. ce matin
last good cry. après un coup de fil badant et un mail encore plus badant. il y'a longtemps.
last book bought. unsorted pictures of Blondie
last book read. La Princesse de Clèves
last movie seen. Downtown 81 starring Jean-Michel Basquiat
last beverage drank. jus de clémentine
last food consumed. chocapic !
last crush. benicio del toro
last phone call. my lover, hier soir
last tv show watched. dexter !
last shoes worn. mes boots Isabel Marant
last song played. la roux - reflections are protections
last thing bought. sous-vêtements + Acne tee
last download. ntm !
last soda drank. coca
last thing written. lettre d'anniversaire
last words spoken. ah moi j'aime pas ça la vodka, ça me donne des aphtes.
last ice cream eaten. celle à la crème de marron, cet été
last webpage visited. facebook
Par Elle.
0
Lundi 29 décembre
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16:23
Mal au crâne, pas de celui produit par le verre de vin de trop ou par une soirée trop agitée. Je passe trop de temps devant cet écran à me tuer les yeux et à me tuer le cerveau. Je fous rien, ça
gèle dehors, je me déciderai piteusement à bouger que quand il fera nuit. Ce qui est franchement stupide quand on y pense. Ah j'ai mal aux lèvres, mes mains sont carrément sèches et mon portable
d'Ivana Trump sonne trop peu à mon goût. Période d'hibernation générale. Fait chier.
Au fait, cet article est un prétexte pour poster une photo que j'aime bien.
Vendredi 12 décembre
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12
/12
/Déc
22:45
Je regarde défiler Paris à travers les vitres du taxi. Il fait sombre et je réalise soudain que je suis
Place des Vosges, qu'il est trois heures, que merde, c'est beau. Y'a les talons de mes boots qui claquent sur le trottoir et j'entends le taxi filer dans la nuit noire.
En ce moment j'ai le besoin irrepressible, et je crois que ça a toujours été le cas, de chercher de la beauté partout. J'ai envie de poésie en permanence. Dans le métro je me surprend à être
émue par la succession de fils éléctriques, de câbles, de gris, de noir, d'ocres et de crasse. J'aime bien le désordre. Quand je remonte la rue de Bagnolet avec Cat Power dans les oreilles,
j'ai envie d'avoir la voix éraillée, d'aller faire un tour au Père Lachaise et de m'asseoir dans le froid pour regarder autour de moi. Mais j'ai l'impression de manquer de couilles, c'est con à
dire mais je voudrais faire des trucs un peu plus fous que de finir au McDo de St Lazare un dimanche à 23h parce que j'ai pas eu le courage d'aller voir la Tour Eiffel. Je suis une aspirante
poète, une fille qui voudrait être imprévisible mais ne l'est pas entièrement, pas capable de faire ce dont elle a envie. Contrainte par son petit confort, son sens de la raison un peu middle
class et ennuyeux. En janvier Margaux et moi on va se faire tatouer. Je veux deux petits trucs, à deux endroits différents, mais c'est top secret.
Jeudi 27 novembre
4
27
/11
/Nov
23:08
Par le plus grand des hasards ma lettre a eu une réponse ce soir, ce qui termine en beauté cette soirée qui est
probablement la pire que j'ai passé ces derniers temps. Trop de choses qui s'accumulent et qui m'empêchent de me sentir bien. J'ai les yeux explosés par les larmes et le menton qui tremblote
encore, y'a mon lit qui m'attend mais je peux pas compter sur un corps ce soir pour faire office de chauffage. Je m'étais presque attachée à une odeur, à des draps, à un grain de beauté. Y'a le
futur qui se barre en couille et le passé qui s'y met. Alors le présent, je vous raconte pas...
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