Mercredi 12 novembre 2008

Boots niquées / lèvres gercées / porte-monnaie troué / vernis écaillé / fenêtre embuées

Nuit noire

Paris.
Par Elle.
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Mardi 21 octobre 2008

Je suis assise dans un de ces trains minables, de ceux avec les sièges couleur potiron et les trucs faits pour ranger les parapluies histoire qu'ils salopent pas tout le wagon. Je fixe le sol en plastique marron crade, les vitres crades, le paysage crade de fils éléctriques et de banlieues moroses. Leonard Cohen me rend un peu mélancolique, l'ambiance générale me met dans un drôle d'état, surtout qu'on est entre chien et loup. Il est vingt heure trente trois. La nuit tombe de plus en plus tôt, les gens marchent de plus en plus vite et la pluie tombe de plus en plus souvent en ce moment. Je crois qu'on appelle ça la fin de l'été. Le début de l'automne. Ce train est automnal, non seulement parce que ses couleurs sont rouilles et terre, mais parce qu'il respire la lassitude. Il respire comme un gros chien fatigué aux yeux vitreux et à la langue pendante qui s'échine et s'épuise à courir comme un fou. Il respire, j'entends son râle terreux et profond, je sens ses poumons abîmés se gonfler avec régularité. La lumière s'allume et s'éteint, nous plongeant tous dans une quasi obscurité pendant quelques longues minutes. Les paupières en profitent pour se clore, les bouches pour se fermer. Et voilà que ça se rallume. On ouvre ses journaux, on regarde sagement la route défiler, on échange des banalités avec son voisin histoire de faire passer le temps. Les minutes défilent à une vitesse folle, il est vingt heure quarante deux à présent, presque dix minutes depuis le début de ces quelques mots qui se croisent et s'entrechoque au gré des banlieues qui s'enchaînent. Villes comateuses, elles entendent malgré tout l'interminable plainte du train qui ne dure que quelques fractions de secondes, ses roues effleurant le sol à vive allure. Elles frôlent les lourdes rails avec une grâce presqu'imposante, intimidante. Je ne sais pas écrire, la preuve, je suis déjà essoufflée.
Par Elle. - Publié dans : Elle a de la suite dans les idées.
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Jeudi 16 octobre 2008

Je commence à fumer des Lucky devant mon ordi. C'est la fin des haricots.
Le bruit des klaxons de la rue, l'air frais d'octobre, la voix d'Alison Mosshart. Le fute vert couleur piscine crade d'un passant. Les rideaux rayés du voisin. Le XXème.
Mon portable rose qui vibre. La Boule Noire est à une trentaine de minutes de chez moi. Bébés rockeurs à deux balles, mais ça me coûte rien d'aller voir, puisqu'on me l'a gentiment proposé. Enfin rien, 15€ quoi.
Une petite gorgée de Coca, des ersatz de Pépito "Tom & Pilou" truc de ouf.
Tout va très vite ici. Séances photos. Je croise acteurs, mannequins, photographes et make-up artists. J'ai 18 ans. De la chance. J'en profite.
J'espère que je me perdrais pas de vue. Je veux garder mon éternel vernis écaillé, mes collants en laine de pouilleuse, mon bordel, ma gueule, mes potes, mes seins, mon Raphaël.
La naïveté de mes dix-huit ans, de ma veste en jean 90's et des trous dans mon fute. De ma voix de gamine qui chantonne sur une guitare parfois, gueule rarement, rit tout le temps.
Je voudrais pouvoir faire l'amour mais vu qu'il est pas là, je peux que baiser. Dommage.
Par Elle. - Publié dans : Elle dit toujours "Je veux ça, ça, ça"
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Dimanche 31 août 2008


Sur un Vélib' à 4h du matin, dans les rues de Paris. Je lui dis que je retire ma veste, je l'enlève, on repart et je sens le vent frais sur mes épaules et dans mes cheveux. Y'a mes seins qui bougent dans leur petit soutif en dentelle, dès que je monte sur un trottoir à toute vitesse. On se paume un peu, Stalingrad, Nation, Père Lachaise. Maison, clopes, dodo, et adieu tout le monde. Maintenant je suis là devant mon ordinateur, à regarder les photos, polaroids et autres flyers punaisés au mur, à me dire que c'était pas si mal, que j'ai pas envie de dire au revoir à toute cette partie de ma vie, à tous ces gens. Ca me fait mal au coeur, y'a une boule au fond de ma gorge. R me manque toujours plus ou moins, j'hésite à lui écrire pour lui raconter tout ce que je vis en ce moment, je sais qu'il me répondrait et qu'on échangerait quelques mails tendres mais cordiaux, et un peu nostalgiques. Et puis j'ai passé la nuit avec A, je savais que ça mènerait à rien, mais ce qui est fait est fait. Maintenant j'hésite à l'appeler... Tout en sachant que ça ne servira à rien. 
T m'a serré dans ses bras cette nuit quand on dormait. Maintenant il est parti.
Pourquoi je choisis toujours les plus compliqués ?
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Vendredi 18 juillet 2008

J'aurais aimé être à Avignon, pour découvrir les spectacles OFF du festival. Au lieu de ça je suis à Paris, à me tuer les pieds sur le bitume tiède, marchant d'un pas décidé dans les couloirs labyrinthiques du métropolitain. J'ai les ongles noirs comme le ciel des nuits fraîches de Juillet, je croise des gens et ça me fait sourire, même des gens beaux, je m'en lasse pas. J'ai l'impression qu'il y'a que ça. Je remonte la anse de mon sac et je chope une paire de chaussures niquées trop petites mais pas chères, je sors, j'aimerais bien me fumer une clope ou boire un smoothie mais au lieu de ça je marche encore, je marche sans m'arrêter parce que je veux rien perdre de la ville. Je tournicote je suis déglinguée mais je suis contente et je vois pas le temps passer. Y'a L'As du Falafel, il est 16h mais ça me fait envie, y'a plus qu'un euro dans mon portefeuille alors je reprends le métro, je rentre, je m'affale sur le canapé, pour repartir une heure après. La gorge sèche.
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Mardi 15 juillet 2008
Y'a le goût amer du passé et du café trop passé qui passe sur mes lèvres, le sucre qui se casse sur mes dents, je suis lasse, les jours s'effacent, font des tours de passe-passe, et comme des passes-partout ouvrent les portes du futur. C'est pas tant le temps qui me froisse, c'est l'attente latente et tentante de l'entente délirante entre nous deux . Y'a eu plus de deux demandes, on avait de l'avenir voire même du devenir, si t'avais pu venir on aurait pu se souvenir qu'avant c'était bien pire. Je n'ai plus qu'une chose à dire, c'est que cette envie n'est pas fugace, ça m'agace.
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Jeudi 12 juin 2008








Juste pour prévenir, j'ai un nouveau blog. Je conserve celui-ci, même si je suis plus tellement certaine qu'il ait encore des raisons d'être. Tout ça c'est presque du passé, je ne dis pas que je n'aurais pas envie d'écrire à nouveau ici ; d'autant plus que mon nouveau blog n'a pas du tout la même utilité que celui-ci. Bref.

Enjoy.
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Dimanche 8 juin 2008

Le bruit de mon téléphone, vibrant contre la table en bois usé me sort de mes rêveries en world wide web. Je
l'attendais, ce putain de texto. Un peu innocent, vaguement désinteressé, et avec une pointe d'auto-flagellation. Je t'en foutrais des excuses, des discours faussement coupables, des faux-semblants... Tout s'enchaîne vite, sans que je ne réalise vraiment, ça devient abrupt, amer, désenchanté, violent. Je reste faussement mielleuse sur le clavier de mon téléphone, j'avale une gorgée de café brûlant, je déglutis en attendant sagement une réponse, sachant pertinemment que la simple vue de son prénom sur le petit écran me donnera envie de recracher le liquide d'ébène que je viens d'ingurgiter. C'est horriblement triste, parce que sa connerie est la seule chose qui m'inspire vraiment. Son verbe, ses mots, son ton désinvolte à deux balle, son air de mec usé par la vie à a peine vingt balais, sa vie de camé torturé et incompris... Ca me fascine autant que ça me dégoûte. J'avais essayé de regarder les autres avec un minimum de considération pourtant, je m'étais dis que bordel, je méritais mieux, mais j'arrivais pas à m'en persuader malgré ce qu'il me disait. Je crois ne mériter rien ni personne, et je pense que personne ne me mérite spécialement. C'est juste parce que je suis hermétique à la notion même de "mérite", ce mot dont on a fait une valeur est pour moi totalement insignifiant. Faut que je réussisse à croire à ce que je dis, que je sois persuadée des saletés que je lui balance à la gueule, sans quoi ça ne sert à rien. Et autant dire que... c'est pas gagné.
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Mercredi 4 juin 2008

Et le vernis qui s'écaille, les tasses de café qui se vident, les cigarettes qui se consumment, les jours qui se terminent, la nuit qui tombe. Tout a une fin, cette fin me donne faim, faim de vivre, d'apprécier chaque seconde de chaque minute de chaque heure. Parce que même si la nuit tombe, le soleil se lèvera le lendemain, qu'il me reste encore du vernis à ongle, que les cigarettes ne demandent qu'un briquet et le café qu'un sucre. Alors quitte à être niaise, j'ai juste envie de serrer très fort dans mes bras tous ceux qui comptent pour moi. Même si ça se voit pas, même si je le dis pas, ils sont beaucoup. Beaucoup qui comptent, beaucoup que j'apprécie vraiment, que je ne verrais sûrement plus, que je perdrai de vue, parce que de loin je ne vois plus rien. C'est les petits riens qui vont me manquer, c'est des petits riens que j'ai envie de quitter aussi. Hello sailor !
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Dimanche 1 juin 2008

Par Elle.
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Narcissisme

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