Vendredi 18 juillet 2008

J'aurais aimé être à Avignon, pour découvrir les spectacles OFF du festival. Au lieu de ça je suis à Paris, à me tuer les pieds sur le bitume tiède, marchant d'un pas décidé dans les couloirs labyrinthiques du métropolitain. J'ai les ongles noirs comme le ciel des nuits fraîches de Juillet, je croise des gens et ça me fait sourire, même des gens beaux, je m'en lasse pas. J'ai l'impression qu'il y'a que ça. Je remonte la anse de mon sac et je chope une paire de chaussures niquées trop petites mais pas chères, je sors, j'aimerais bien me fumer une clope ou boire un smoothie mais au lieu de ça je marche encore, je marche sans m'arrêter parce que je veux rien perdre de la ville. Je tournicote je suis déglinguée mais je suis contente et je vois pas le temps passer. Y'a L'As du Falafel, il est 16h mais ça me fait envie, y'a plus qu'un euro dans mon portefeuille alors je reprends le métro, je rentre, je m'affale sur le canapé, pour repartir une heure après. La gorge sèche.
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Mardi 15 juillet 2008
Y'a le goût amer du passé et du café trop passé qui passe sur mes lèvres, le sucre qui se casse sur mes dents, je suis lasse, les jours s'effacent, font des tours de passe-passe, et comme des passes-partout ouvrent les portes du futur. C'est pas tant le temps qui me froisse, c'est l'attente latente et tentante de l'entente délirante entre nous deux . Y'a eu plus de deux demandes, on avait de l'avenir voire même du devenir, si t'avais pu venir on aurait pu se souvenir qu'avant c'était bien pire. Je n'ai plus qu'une chose à dire, c'est que cette envie n'est pas fugace, ça m'agace.
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Jeudi 12 juin 2008








Juste pour prévenir, j'ai un nouveau blog. Je conserve celui-ci, même si je suis plus tellement certaine qu'il ait encore des raisons d'être. Tout ça c'est presque du passé, je ne dis pas que je n'aurais pas envie d'écrire à nouveau ici ; d'autant plus que mon nouveau blog n'a pas du tout la même utilité que celui-ci. Bref.

Enjoy.
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Dimanche 8 juin 2008

Le bruit de mon téléphone, vibrant contre la table en bois usé me sort de mes rêveries en world wide web. Je
l'attendais, ce putain de texto. Un peu innocent, vaguement désinteressé, et avec une pointe d'auto-flagellation. Je t'en foutrais des excuses, des discours faussement coupables, des faux-semblants... Tout s'enchaîne vite, sans que je ne réalise vraiment, ça devient abrupt, amer, désenchanté, violent. Je reste faussement mielleuse sur le clavier de mon téléphone, j'avale une gorgée de café brûlant, je déglutis en attendant sagement une réponse, sachant pertinemment que la simple vue de son prénom sur le petit écran me donnera envie de recracher le liquide d'ébène que je viens d'ingurgiter. C'est horriblement triste, parce que sa connerie est la seule chose qui m'inspire vraiment. Son verbe, ses mots, son ton désinvolte à deux balle, son air de mec usé par la vie à a peine vingt balais, sa vie de camé torturé et incompris... Ca me fascine autant que ça me dégoûte. J'avais essayé de regarder les autres avec un minimum de considération pourtant, je m'étais dis que bordel, je méritais mieux, mais j'arrivais pas à m'en persuader malgré ce qu'il me disait. Je crois ne mériter rien ni personne, et je pense que personne ne me mérite spécialement. C'est juste parce que je suis hermétique à la notion même de "mérite", ce mot dont on a fait une valeur est pour moi totalement insignifiant. Faut que je réussisse à croire à ce que je dis, que je sois persuadée des saletés que je lui balance à la gueule, sans quoi ça ne sert à rien. Et autant dire que... c'est pas gagné.
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Mercredi 4 juin 2008

Et le vernis qui s'écaille, les tasses de café qui se vident, les cigarettes qui se consumment, les jours qui se terminent, la nuit qui tombe. Tout a une fin, cette fin me donne faim, faim de vivre, d'apprécier chaque seconde de chaque minute de chaque heure. Parce que même si la nuit tombe, le soleil se lèvera le lendemain, qu'il me reste encore du vernis à ongle, que les cigarettes ne demandent qu'un briquet et le café qu'un sucre. Alors quitte à être niaise, j'ai juste envie de serrer très fort dans mes bras tous ceux qui comptent pour moi. Même si ça se voit pas, même si je le dis pas, ils sont beaucoup. Beaucoup qui comptent, beaucoup que j'apprécie vraiment, que je ne verrais sûrement plus, que je perdrai de vue, parce que de loin je ne vois plus rien. C'est les petits riens qui vont me manquer, c'est des petits riens que j'ai envie de quitter aussi. Hello sailor !
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Dimanche 1 juin 2008

Par Elle.
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Dimanche 25 mai 2008

Je viens de voir le film de Julian Schnabel avec le merveilleux Amalric. Le Scaphandre et le Papillon. Je suis encore un peu sous le choc, ce film me fait réfléchir, il m'a émue sans me faire sangloter. Disons que ça m'a pris aux tripes, que j'en avais mal au bide. Je me dis maintenant qu'il est vraiment difficile d'avoir la bonne attitude avec les gens qu'on aime, même si je crois pas qu'il y ait réellement de bonne ou de mauvaise attitude. Disons plutôt une attitude juste. J'ai l'impression d'avoir des réactions plutôt saines en général, mais c'est tellement dûr de s'imaginer dans des situations atroces comme celle de Jean-Dominique Bauby. A mon échelle, j'ai parfois le sentiment de me planter, de foncer droit dans le mur ; je suis persuadée d'agir comme il le faut, jusqu'à ce que je me rende compte que ça n'a pas les effets escomptés. Alors je doute, c'est normal, et heureusement que je me remets un peu en cause sinon ça ne m'avancerait à rien de me planter. Le pire je crois, c'est de savoir quelqu'un qu'on aime dans une souffrance terrible. On sait qu'on changera pas les choses d'un coup, mais on sait que tous les petits détails de notre attitude comptent, on devrait se sentir important mais on se sent pitoyable face à la douleur de l'autre, on sait pas comment se comporter, on sait pas mais faut tenir face et surtout être juste. Je crois.

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Dimanche 18 mai 2008

Je me délecte des photos d'Hedi Slimane Diary, parce que c'est juste ma définition parfaite du sexy. Les épaules dénudées, les cheveux vaporeux, les silhouettes fines, les peaux tatouées... Erin Wasson et Alexander Wang sont mes nouvelles idôles, c'est un couple rock comme je les aime, un peu prétencieux certes, mais vraiment vraiment esthétiquement intéressants, hihi. Je pense de plus en plus sérieusement à me faire un tatouage pour mes dix-huit ans, plus j'en parle plus j'entends de gens qui me disent que faut bien réfléchir, que quand on vieillit c'est pas joli... Mais j'envisage pas tellement de vieillir, j'ai que 17 ans, et je sais que tant que je suis jeune ça me plaira. Je veux un truc discret, je veux un mot ou un signe à l'intérieur de l'avant-bras, du coude, du poignet... Ca me tente vraiment, et j'ai justement pas très envie de me projeter et d'y réfléchir, j'y pense, d'accord, mais pas trop non plus, faut que ça reste un peu spontané sinon ça perd tout son sens.
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Samedi 17 mai 2008

J'adore le train. Parce qu'on y fait toujours des rencontres, sans nécessairement échanger de mots, il se passe toujours quelque chose avec nos voisins de sièges. Ce soir c'était une bonne cuvée en tout cas, très bonne même. Je me suis aussi rendue compte que j'étais passée de l'excitation à la morosité, du sourire aux quasi-larmes en l'espace d'une heure et demi. Je regardais le paysage défiler en écoutant des chansons chargées en significations, le charmant garçon qui rigolait en lisant, le vieux au téléphone avec son "bébé", ou la nana qui se massait les tempes, persuadée que ça stoperait mieux son mal de tête qu'un Doliprane. Je sais pas comment je fais pour être aussi changeante. Je suis rentrée de la gare à pied, il faisait beau, j'ai eu droit à un coucher de soleil, à "Hallelujah" par Rufus Wainwright dans mon iPod, tout ça sans me soucier de rien. J'aurais pu chialer un bon coup en entendant la voix de Pierre Lapointe "toujours le même enfant,  qui détruit tout de peur d'être géant" et me consoler en fumant une menthol, mais j'en avais pas, et j'avais pas envie de claquer 5€ tout ça pour me soulager de mes larmes. 
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Mardi 13 mai 2008

Y'a des chansons comme ça, qu'on oublie, reléguées dans les méandres de nos lecteurs MP3 et autres iPod. C'était le cas de "Seventeen", de Keren Ann. J'aimais bien cette chanson pourtant, sans spécialement l'adorer ni idôlatrer son auteure, mais elle m'a jamais autant touchée qu'aujourd'hui... Les jambes nues et serrées dans mon petit short en jean, la peau dorée, les cheveux ébourrifés, le haut du crâne brûlant, les lèvres brillantes de baume. Les écouteurs dans les oreilles. J'ai dix-sept ans, je suis jeune, j'ai la vie devant moi et pourtant parfois, y'a cette drôle de mélancolie, ce spleen de gosse paumée qui me submerge. Pourtant je sens la jeunesse, je sens le regard des vieilles femmes, et même celui des vieux pervers, jaloux ou attirés par la pseudo innocence des dix sept ans. On est certainement pas sérieux quand on dix-sept ans, mais je crois pas qu'on soit dupes pour autant.

Look at me I'm only seventeen
The many years between us
Have been broken
Look at me under the evergreen
Life is a mellow dream
Almost unspoken

By the way
You said you're here to stay
Let me love you til tomorrow
Then it will last a year and a day
Maybe we're here to forget

Look at me, I'm only seventeen
It hasn't been too long
But it's been lonely
Look at me,and smell the tangerine
Life is a mellow song
But only only

By the time
You reach your lemon-lime
I will love you till tomorrow
Then it will last a year and a day
Maybe we're here to forget

Look at me, I'm only seventeen
It hasn't been too long
But it's been lonely
Look at me, under the evergreen
Life is a mellow song
If only only...

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