Dimanche 1 février 2009

Un blog pour remplacer Hello Sailor. Truc un peu nombriliste mais whatever.

BALLAD OF A THIN GIRL


Par Elle. - Publié dans : Elle dit toujours "Je veux ça, ça, ça"
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Lundi 26 janvier 2009


- Aller à Berlin
- Aller à Londres
- Aller à Oslo
- Aller à Stockholm
- Aller à Rome
- Me faire tatouer avec M.
Par Elle.
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Mardi 20 janvier 2009


mardi 20/01. rien à foutre.

last cigarette.
volée à ma soeur
last alcoholic drink. vin blanc, dimanche
last car ride. dimanche
last kiss. ce matin
last good cry. après un coup de fil badant et un mail encore plus badant. il y'a longtemps.
last book bought. unsorted pictures of Blondie
last book read. La Princesse de Clèves
last movie seen. Downtown 81 starring Jean-Michel Basquiat
last beverage drank. jus de clémentine
last food consumed. chocapic !
last crush. benicio del toro
last phone call. my lover, hier soir
last tv show watched. dexter !
last shoes worn. mes boots Isabel Marant
last song played. la roux - reflections are protections
last thing bought. sous-vêtements + Acne tee
last download. ntm !
last soda drank. coca
last thing written. lettre d'anniversaire
last words spoken. ah moi j'aime pas ça la vodka, ça me donne des aphtes.
last ice cream eaten. celle à la crème de marron, cet été
last webpage visited. facebook

Par Elle.
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Lundi 29 décembre 2008

Mal au crâne, pas de celui produit par le verre de vin de trop ou par une soirée trop agitée. Je passe trop de temps devant cet écran à me tuer les yeux et à me tuer le cerveau. Je fous rien, ça gèle dehors, je me déciderai piteusement à bouger que quand il fera nuit. Ce qui est franchement stupide quand on y pense. Ah j'ai mal aux lèvres, mes mains sont carrément sèches et mon portable d'Ivana Trump sonne trop peu à mon goût. Période d'hibernation générale. Fait chier.

Au fait, cet article est un prétexte pour poster une photo que j'aime bien.
Par Elle. - Publié dans : Elle dit toujours "Je veux ça, ça, ça"
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Vendredi 12 décembre 2008

Je regarde défiler Paris à travers les vitres du taxi. Il fait sombre et je réalise soudain que je suis Place des Vosges, qu'il est trois heures, que merde, c'est beau. Y'a les talons de mes boots qui claquent sur le trottoir et j'entends le taxi filer dans la nuit noire.
En ce moment j'ai le besoin irrepressible, et je crois que ça a toujours été le cas, de chercher de la beauté partout. J'ai envie de poésie en permanence. Dans le métro je me surprend à être émue par la succession de fils éléctriques, de câbles, de gris, de noir, d'ocres et de crasse. J'aime bien le désordre. Quand je remonte la rue de Bagnolet avec Cat Power dans les oreilles, j'ai envie d'avoir la voix éraillée, d'aller faire un tour au Père Lachaise et de m'asseoir dans le froid pour regarder autour de moi. Mais j'ai l'impression de manquer de couilles, c'est con à dire mais je voudrais faire des trucs un peu plus fous que de finir au McDo de St Lazare un dimanche à 23h parce que j'ai pas eu le courage d'aller voir la Tour Eiffel. Je suis une aspirante poète, une fille qui voudrait être imprévisible mais ne l'est pas entièrement, pas capable de faire ce dont elle a envie. Contrainte par son petit confort, son sens de la raison un peu middle class et ennuyeux. En janvier Margaux et moi on va se faire tatouer. Je veux deux petits trucs, à deux endroits différents, mais c'est top secret.
Par Elle. - Publié dans : Elle dit toujours "Je veux ça, ça, ça"
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Jeudi 27 novembre 2008


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Par le plus grand des hasards ma lettre a eu une réponse ce soir, ce qui termine en beauté cette soirée qui est probablement la pire que j'ai passé ces derniers temps. Trop de choses qui s'accumulent et qui m'empêchent de me sentir bien. J'ai les yeux explosés par les larmes et le menton qui tremblote encore, y'a mon lit qui m'attend mais je peux pas compter sur un corps ce soir pour faire office de chauffage. Je m'étais presque attachée à une odeur, à des draps, à un grain de beauté. Y'a le futur qui se barre en couille et le passé qui s'y met. Alors le présent, je vous raconte pas...





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Par Elle. - Publié dans : Elle dit toujours "Je veux ça, ça, ça"
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Jeudi 27 novembre 2008


Lettre à toi qui ne m'entend pas.


Je suis fatiguée des interminables jours d'hiver. Il fait sombre, froid, le chauffage marche plein gaz mais je grelotte encore, pelotonnée dans ce sweat qui n'est même pas le mien. Tu n'as pas envie de savoir le reste, je sais.

En ce moment je voudrais m'échapper de cette ville dont j'ai tellement eu envie. Je m'y sens bien parce que c'est beau, parce que c'est grand, inspirant, mais parfois je me sens étrangère à l'euphorie générale. Là je voudrais être nulle part d'autre qu'à New York. Je voudrais pouvoir être légère et frivole, ne penser à rien d'autre qu'à aller faire un tour de vélo à Brooklyn, manger un putain de hamburger au Tribeca Grill, passer mes journées à fouiner dans les brocantes. Je voudrais une maison rien qu'à moi, que je partagerai avec personne. Ce serait la mienne et y'aurait que mes affaires dedans. Je suis une sale gamine hein ? Une petite conne un peu matérialiste et surtout un peu trop loin de la réalité. Mon père est d'accord pour me payer un billet d'avion, je sais que j'ai de la chance, mais je sais aussi que je suis pas foutue capable d'organiser quelque chose. Faut que j'arrive à réellement motiver ma soeur pour pas qu'elle abandonne le projet en cours de route. Putain j'ai tellement envie de New York. Et d'une clope, et d'un café brûlant, et d'un rendez-vous chez le coiffeur. D'un après-midi Place des Vosges à lézarder au soleil. Je suis trop loin de la réalité putain.
Je me demande ce que tu fous toi petit con, dans ta ville anglaise glauque, dans ton pub anglais glauque, avec tes anglais glauques. Je sais pas ce qui peut se passer dans ta tête quand t'ouvres ta boîte mail et que tu découvres un mail piteux de moi, d'une seule phrase, simple et concise, te demandant un peu solennellement de tes nouvelles.

Bon va falloir que j'use mes Stan Smith sur les pavés parisiens.


Par Elle. - Publié dans : Elle dit toujours "Je veux ça, ça, ça"
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Lundi 24 novembre 2008

Pourquoi il faut qu’elle soit chiante comme ça ? A chaque fois c’est le même topo, quand on se retrouve le soir chez elle, après une putain de journée de fac, elle m’ignore quasiment. Je frappe à la porte de l’appart’, elle vient m’ouvrir en caleçon et débardeur, une clope entre les lèvres, l’air hagard, et elle retourne à ses occupations. Souvent elle bouquine ou elle observe les voisins chez eux par la fenêtre de sa chambre. Moi je reste là comme un con, à quémander des baisers, des caresses, alors je me grille une clope et je me fais cuir un œuf avec des lardons pour faire une omelette. Je partage que dalle, elle a qu’à être plus accueillante. Merde.

« Antoine, tu crois que le voisin d’en face a capté que je le regarde quand il fait à manger dans sa cuisine tous les soirs ?
-    Ouais il a capté. Evidemment. C’est pour ça qu’il met qu’un slip sous son tablier, pour te faire fantasmer.
-    T’es con.
-    Pas autant que toi.
Elle a continué à fixer ce connard de M. Devresne faire revenir ses courgettes dans une poële.
-    Pourquoi c’est pas moi que tu regardes faire à bouffer ?
-    Commence pas.
-    Quoi ?
-    Tu sais bien.
-    Mais non je sais pas, je te parle j’ai envie que tu me répondes.
-    C’est ce que je fais.
-    Tu réponds à côté de la plaque, à chaque fois.
-    Oh tais-toi un peu. J’ai mal à la tête.


Et elle est partie dans la salle de bain. J’entendais l’eau du bain couler, j’avais envie de l’y rejoindre, je sais qu’elle se serait laissée faire, qu’on aurait  fait l’amour, mais ça me disait trop rien. J’avais pas envie de la baiser comme un con, de la voir écarter ses jambes avec lassitude. L’air absent, les yeux dans le vide. J’étais sur le point de la quitter mais j’arrivais pas à consentir au fait qu’on puisse ne plus s’aimer. Qu’elle puisse ne plus m’aimer. Et je comprenais pas pourquoi c’était pas elle qui me larguait, vu que c’était visiblement celle qui s’ennuyait. J’ai mis du temps à comprendre.


« Sérieusement Antoine, tu crois que Barbier est pédé ?
-    Puisque je te le dis. Je l’ai vu avec son mec samedi chez Gibert.
-    Mais qui te dit que c’était pas son frère ? Son pote d’enfance ?
-    Intuition féminine. » J’ai rit. « Nan mais tu regardes pas un pote ou ton frère comme si t’avais envie de le prendre en plein milieu du rayon Mille et une nuits.
-    Mortel !
-    Ouais.
Hadrien a allumé sa clope, terminé son café, puis il s’est levé. Il avait sa pochette en carton sous le bras, une vieille besace sur l’épaule, il m’a fait un signe et il s’est barré. Quand il a traversé il a manqué de se faire écraser, le mec dans la caisse a klaxonné tellement longtemps que tout le monde  à la terrasse s’est retourné.
Je reprenais pas les cours avant quinze heure, si bien qu’il me restait deux putains d’heures à tuer. Pas envie de bosser, pas envie de bouquiner, envie de rien sauf de Bruna. Je l’ai appelée et je suis tombée sur son répondeur : « C’est Bruna, laisse un message ». J’ai dit : « je suis au café, viens s’il te plait »
Quinze minutes plus tard, elle arrivait. Elle avait une robe noire , une veste en jean et une paire de boots niquées, ses cheveux bruns presque noirs étaient un peu crades, ils tombaient lourdement sur ses épaules rondes dont je rêvais nuit et jour. C’était un des détails qui m’avait fait tomber amoureux d’elle. On s’est rencontrés au mois de mai, à cette époque là elle portait toujours une espèce de robe à fleurs qui dévoilait le haut de son buste et donc ses épaules, son décolleté parsemé de grains de beauté et ses clavicules. Sa peau claire. A chaque fois qu’elle mettait cette robe j’avais envie d’enfouir ma tête dans son décolleté tout chaud et d’embrasser ses petits seins ronds. Là c’était différent. Elle avait cet air que j’haïssais : regard blasé, lèvres entr’ouvertes, dégaine typique de la fille usée par la vie. A même pas vingt piges.
Elle s’est assise à côté de moi, j’ai posé ma grande main de mec sur sa petite joue de gamine. Elle me fixait de ses putain d’yeux noirs. J’ai embrassé ses lèvres goût cigarette, et je me suis finalement reculé brutalement. Comme si j’avais fait quelque chose que j’aurais pas du faire. Elle a pas réagi. Bruna avait jamais été une fille très expressive mais là, c’était juste flippant. J’avais l’impression d’avoir affaire à un spectre. A une version délavée et froissée de celle que j’avais aimé des années durant. Je me sentais con d’avoir pas su m’en rendre compte quand les couleurs commençaient à partir. Maintenant il restait plus que le tissu brut, l’étole usée et terne que j’aimais jadis caresser du bout des doigts.
J’ai rigolé comme un crétin. Je sais même pas pourquoi mes cordes vocales ont décidé de se lâcher comme ça. Ca venait du fond de mon bide, ça m’arrachait les entrailles, fallait que je me marre quelques secondes pour me sentir mieux. Enfin mieux, c’est un bien grand mot : pour me sentir moins mal. Moins piteux. Moins bêtement inutile. Dépassé. Dépossédé. Dévasté. C’était ça bordel, je me sentais dépossédé d’un truc qui avait été à moi pendant longtemps, mais dont la possession justement, était trop lointaine pour m’être encore familière. Je me rappelais même plus l’effet que me faisait Bruna avant. Quand elle était ma petite chose et que j’étais la sienne. Son clébard baveux prêt à courir dans tout le jardin pour choper une balle en mousse. La seule chose dont je me sentais capable à ce moment là c’était d’enfoncer ma tête dans ma capuche, et de fermer les yeux tellement fort que des couleurs psychédéliques viendraient remplacer le gris crade du ciel. Finalement j’ai senti la langue râpeuse de Bruna sur ma peau. Elle me léchouillait la joue. Elle avait pris l’habitude de faire ça quand on se retrouvait coincés sous la couette pendant des heures, en hiver, à se faire des mamours comme un vieux couple minable. Quand j’ai rouvert les yeux,  elle était partie.


Partie 1. Y'aura sûrement pas de partie 2. Je préviens.

Par Elle. - Publié dans : Elle a de la suite dans les idées.
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Mercredi 12 novembre 2008

Boots niquées / lèvres gercées / porte-monnaie troué / vernis écaillé / fenêtre embuées

Nuit noire

Paris.
Par Elle.
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Mardi 21 octobre 2008

Je suis assise dans un de ces trains minables, de ceux avec les sièges couleur potiron et les trucs faits pour ranger les parapluies histoire qu'ils salopent pas tout le wagon. Je fixe le sol en plastique marron crade, les vitres crades, le paysage crade de fils éléctriques et de banlieues moroses. Leonard Cohen me rend un peu mélancolique, l'ambiance générale me met dans un drôle d'état, surtout qu'on est entre chien et loup. Il est vingt heure trente trois. La nuit tombe de plus en plus tôt, les gens marchent de plus en plus vite et la pluie tombe de plus en plus souvent en ce moment. Je crois qu'on appelle ça la fin de l'été. Le début de l'automne. Ce train est automnal, non seulement parce que ses couleurs sont rouilles et terre, mais parce qu'il respire la lassitude. Il respire comme un gros chien fatigué aux yeux vitreux et à la langue pendante qui s'échine et s'épuise à courir comme un fou. Il respire, j'entends son râle terreux et profond, je sens ses poumons abîmés se gonfler avec régularité. La lumière s'allume et s'éteint, nous plongeant tous dans une quasi obscurité pendant quelques longues minutes. Les paupières en profitent pour se clore, les bouches pour se fermer. Et voilà que ça se rallume. On ouvre ses journaux, on regarde sagement la route défiler, on échange des banalités avec son voisin histoire de faire passer le temps. Les minutes défilent à une vitesse folle, il est vingt heure quarante deux à présent, presque dix minutes depuis le début de ces quelques mots qui se croisent et s'entrechoque au gré des banlieues qui s'enchaînent. Villes comateuses, elles entendent malgré tout l'interminable plainte du train qui ne dure que quelques fractions de secondes, ses roues effleurant le sol à vive allure. Elles frôlent les lourdes rails avec une grâce presqu'imposante, intimidante. Je ne sais pas écrire, la preuve, je suis déjà essoufflée.
Par Elle. - Publié dans : Elle a de la suite dans les idées.
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