Jeudi 27 novembre 2008


Lettre à toi qui ne m'entend pas.


Je suis fatiguée des interminables jours d'hiver. Il fait sombre, froid, le chauffage marche plein gaz mais je grelotte encore, pelotonnée dans ce sweat qui n'est même pas le mien. Tu n'as pas envie de savoir le reste, je sais.

En ce moment je voudrais m'échapper de cette ville dont j'ai tellement eu envie. Je m'y sens bien parce que c'est beau, parce que c'est grand, inspirant, mais parfois je me sens étrangère à l'euphorie générale. Là je voudrais être nulle part d'autre qu'à New York. Je voudrais pouvoir être légère et frivole, ne penser à rien d'autre qu'à aller faire un tour de vélo à Brooklyn, manger un putain de hamburger au Tribeca Grill, passer mes journées à fouiner dans les brocantes. Je voudrais une maison rien qu'à moi, que je partagerai avec personne. Ce serait la mienne et y'aurait que mes affaires dedans. Je suis une sale gamine hein ? Une petite conne un peu matérialiste et surtout un peu trop loin de la réalité. Mon père est d'accord pour me payer un billet d'avion, je sais que j'ai de la chance, mais je sais aussi que je suis pas foutue capable d'organiser quelque chose. Faut que j'arrive à réellement motiver ma soeur pour pas qu'elle abandonne le projet en cours de route. Putain j'ai tellement envie de New York. Et d'une clope, et d'un café brûlant, et d'un rendez-vous chez le coiffeur. D'un après-midi Place des Vosges à lézarder au soleil. Je suis trop loin de la réalité putain.
Je me demande ce que tu fous toi petit con, dans ta ville anglaise glauque, dans ton pub anglais glauque, avec tes anglais glauques. Je sais pas ce qui peut se passer dans ta tête quand t'ouvres ta boîte mail et que tu découvres un mail piteux de moi, d'une seule phrase, simple et concise, te demandant un peu solennellement de tes nouvelles.

Bon va falloir que j'use mes Stan Smith sur les pavés parisiens.


Par Elle. - Publié dans : Elle dit toujours "Je veux ça, ça, ça"
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Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray.
 
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