Elle dit toujours "Je veux ça, ça, ça"

Dimanche 25 novembre 2007

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 Je voudrais pouvoir te le dire, te le redire, te le reredire. Rien que pour sentir les mots sur mes lèvres, les entendre résonner dans ma tête. Des mots qui ne feraient qu'un, parce que l'un de va pas sans l'autre, comme nous. Sans toi ils n'auraient plus de sens, aucun, ils seraient dénués de toute connotation, de tout sentiment. Je voudrais pouvoir appuyer sur play à l'infini, entendre les premières notes de Free et m'en délecter comme je me délecte de toi. Sentir ton corps chaud contre le mien, respirer ton odeur, enfouir ma tête dans tes cheveux. Que mes paupières se ferment, qu'elles ne s'ouvrent que pour te voir. Que mes lèvres soient cousues, et que les fils ne tombent que pour prononcer ton prénom. Que mes oreilles se bouchent, et que les seuls sons qui filtrent soient émis par ta voix chaude. Je voudrais pouvoir accélerer le temps quand tu n'es pas là, l'arrêter quand tu es avec moi. Le maîtriser totalement, l'avoir à ma merci autant que tu m'échappes et me semble loin. Je voudrais que les mots se mélangent, qu'ils ne soient plus qu'un gémissement de plaisir qui ne voudrait dire qu'une seule et unique chose. Sombrer dans la névrose quand tu n'es pas là pour te montrer que la réalité, je l'encule bien profond. Dire les choses les plus vulgaires du monde, crier et geindre, pour te prouver que sans toi les mots n'ont plus aucune valeur. Je voudrais que le conditionnel devienne du présent.

Par Elle.
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Lundi 26 novembre 2007

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Je veux Paris, je veux l'EFAP, je veux des fous rires encore et encore, je veux que les gens nous détestent et qu'ils ne se le cachent pas, je veux être plus méchante encore, je veux la mode la mode la mode, je veux être la première et pas la deuxième, je veux faire la fête, je veux être belle, je veux danser, je veux oser, je veux que ma soeur soit heureuse, je veux que mon père m'écoute, je veux qu'il gagne, je veux voir Roméo et Juliette, je veux lire Zazie dans le Métro, je veux être copine avec Amy Winehouse, je veux faire des bulles de Malabar, je veux  supprimer les maths à jamais du programme scolaire, je veux qu'une école porte mon nom, et une rue, une avenue, un boulevard, je veux réussir, je veux m'envoler, je veux voyager, je veux découvrir, je veux parler, je veux chialer, je veux critiquer, je veux un diabolo menthe, avec une touillette et un verre Frigolet, je veux du soleil, je veux une terasse, je veux le dernier Jalouse, je veux un massage, je veux bloquer, je veux marcher, je veux que le temps passe très vite jusqu'aux vacances, je veux pleins de cadeaux, je veux me taire, je veux Salerne, je veux les glaces, je veux aller chez cinquanta-cinquanta, je veux des petits culottes à pois, je veux une pellicule pour mon Pola, je veux que mon chat soit immortel, je veux pas mourir, je veux savoir chanter, je veux qu'elle réussisse, je veux que notre liste de surnoms atteigne les deux cent, je veux qu'il revienne vers elle, je veux qu'il oublie cette conasse, je veux des midis au Café Chéri, je veux des grèves, je veux la gauche au pouvoir, je veux les cheveux ondulés, je veux voir le dernier Wong Kar Waï, je veux crier, je veux arracher l'herbe des jardins de l'hôtel de ville, je veux fumer, je veux croquer dans une Chupa Chups, je veux être grande, je veux rester petite, je veux dormir, je veux que mon portable vibre, je veux savoir quel est le "retour de buzz" de cette semaine dans les Inrocks, je veux le Trocadéro, je veux regarder les gens dans le métro, je veux prendre le train, je veux aller loin, je veux shooter dans un caillou, je veux bronzer, je veux du Labello fraise, je veux R, je veux qu'on s'aime à en crever.

Par Elle.
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Dimanche 20 janvier 2008

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Envie d'une clope et d'un chocolat viennois classique Starbucks dans un gobelet en carton brûlant, sur lequel je poserais mes mains pour les réchauffer. Et je porterais une Marlboro Light à mes lèvres, je m'en délecterais. Je fume très rarement. Quand on me demande si je fumes je réponds non. Je dis "occasionnellement". J'aime bien fumer une cigarette comme je mange un carré de chocolat. Assez rarement, donc. Parfois je me gave de chocolat, après je suis écoeurée et je peux m'en passer pendant des mois. Avec la clope c'est pareil. 
Aussi envie d'une maison surchauffée où je pourrais me balader en sous-vêtements. C'est ma passion. Ce que je préfère, même, c'est ne porter qu'une petite culotte en coton Petit-Bateau, rien que ça et uniquement ça. Ou avec un de ces marcels American Vintage tous doux, sans rien en dessous, pour sentir le tissu sur toute ma peau.
Et puis envie qu'il soit là et que j'entende sa voix juste derrière moi, me dire "merci d'exister". Et je lui répondrais "je t'aime beaucoup" avec la même voix que l'autre fois, parce qu'il trouve ça mignon. Et que j'aime bien être mignonne. Bien sûr je n'aurais ni contrôle d'éco ni devoir de philo, il n'aurait ni explication de texte ni cours. Ce qui fait qu'il pourrait rester ici toooute la semaine et dire fuck à la fuck. A la fac. En parlant de ça je suis invitée à l'avant première de "Paris", le prochain Klapisch. C'est demain soir. J'aurais bien aimé qu'il y'ait Audrey Marnay mais je pense qu'elle sera pas là, y'aura que Cédric. Depuis que j'ai lu "The Audrey Issue", le dernier numéro de Wad, je la trouve encore plus belle et sympathique qu'avant. 
Envie d'arrêter de tout prendre mal, aussi. Enfin, que tout m'affecte à ce point. Je suis sursensible en ce moment, c'est gavant. Un petit rien me met dans tous mes états.

Par Elle.
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Jeudi 24 janvier 2008

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Mardi j'ai passé une super journée. Ca va horriblement me manquer l'année prochaine. Faut profiter le plus possible de cette année, s'en souvenir comme quelque chose de génial. On est les Queen Bees après tout. Alors kiffons. On est peut-être un peu connes, très superficielles, parfois de vilaines garces, mais qu'est-ce qu'on s'amuse. C'est le principal, nan ? Et ceux qu'on fait chier, ben c'est tant pis pour eux. On nous reproche presque de trop nous amuser, c'est quand même dingue je trouve. Je me fiche totalement que la moitié du lycée nous déteste parce qu'ils nous prennent pour des sales pestes, je me fiche qu'ils s'arrêtent à des putains d'apparence, ça me passe au dessus, j'en ai absolument rien à faire, et de toute façon l'année prochaine j'aurais oublié la moitié de ces gens là, insipides comme ils sont. Bref. Le fou rire aux toilettes va rester graver dans nos mémoires, c'est évident. Une dans chaque cabine, M commence à rire, puis H, et C, donc forcément impossible de me retenir. On a tenu facilement une à deux minutes à rire incessemment comme des quiches sans savoir réellement pourquoi. Mais le rire de M a fait rire H, qui a fait rire C qui m'a fait rire. Je vais aussi me rappeler du mot de S auquel j'ai répondu "c'est d'un niais" avant de me lancer dans une tirade au moins aussi dégoulinante de débilité et de niaiserie. Et puis le merveilleux dessin derrière le petit papier de la fac avec nous six autour d'une piscine à Salvador de Bahia. Et F qui crie : "Les filles, qui veut des sauciiiisses ?", C sur sa serviette en train d'appeler Sandro le masseur brésilien, ou moi au téléphone "Bom dia portugesh curacao". Le rire de C qui retentit dans l'amphi ultra silencieux. François Decrotte. Puis le notre QG, le Café Chéri, notre pote le serveur et notre merveilleuse chanson. Et la séance de mutation en putafrange aussi. Rha, cet article ressemble à une private joke, mais au moins je risque pas d'oublier cette journée.

Moi moi moi et mes paupiettes, on passe nos vies ches Colette, produits VIP séries limit', y'a pas à dire y'a pas plus "in". J'en ai vraiment maaarre, d'aller au Baron le soir, alors que c'est tellement plus funky d'aller au Paris-Paris.

Par Elle.
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Vendredi 1 février 2008

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I've got the Zsa Zsa Zsu. That special something that gives you butterfly in the stomach.

Par Elle.
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Samedi 29 mars 2008

Porto, Rome, Florence, Londres, Lisbonne, Sienne, Paris, Amsterdam, New York, Salerne, Bruxelles, Naples, Lille, Rio de Janeiro, Barcelone, Bristol, Athènes, Alger, San Francisco.
Par Elle.
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Samedi 12 avril 2008

Le temps passe trop vite, plus je prévois de choses plus je me rends compte qu'il sera très dûr de caser, en vrac : Quelques jours à Londres, une excursion à Amsterdam, deux semaines au Portugal, trois à six jours de festivals, une semaine à Paris... Et tout ça en à peine un été. Merde, j'ai envie de faire tellement de choses ! Je voudrais pouvoir m'envoler pour Rio ou NY sans m'encombrer de paperasse, sans avoir à calculer tout dans le moindre détail. Alors souvent, entre amies, on se plait à s'imaginer à six dans un Combi, à parcourir l'Europe... Le fait d'avoir rencontré les Danois m'a permis de réaliser à quel point on était tous des jeunes, tous pareils. Je me suis sentie plus Européenne que Française, et je trouve ça génial... Je veux vivre partout, je veux tout connaître, je veux pas mourir sans avoir pu parcourir le monde.
Par Elle.
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Jeudi 17 avril 2008

Il est 00:40, j'ai terriblement envie de danser sur "Heart Of Glass" et d'avoir le même blond platine que Debbie Harry.

Once I had a love and it was divine
Soon found out I was losing my mind
It seemed like the real thing but I was so blind
Mucho mistrust, love's gone behind



Par Elle.
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Samedi 26 avril 2008

Marcher, lunettes de soleil sur le nez, les cheveux emmélés, sous ce putain de ciel bleu... Difficile de mettre des mots sur ces sensations, je me dis toujours que je devrais savoir apprécier le moment présent, mais je m'en rends compte qu'une fois qu'il est passé. J'adore ça, j'adore ces journées, j'adore boire des sirops en terrasse et faire des photos stupides avec mon vieux polaroïd... Je veux pas que tout ça se termine, je veux pas les perdre, je veux pas en rencontrer d'autres. Y'a qu'eux, y'a qu'elles. Alors je revendique plus de samedis ensoleillés et plus de piscine party ! Youpi !

C'était la note niaise du 26 avril 2008.
Par Elle.
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Lundi 5 mai 2008

Je retrouve plus la chanson que j'ai écrite, un matin, entre 8 et 9h, avant d'aller en cours. J'ai des sentiments assez paradoxaux par rapport à ce que j'écris. Je suis dans une espèce de quête permanente du juste. Je surveille constamment si je ne sombre pas dans la vulgarité, la banalité, le mauvais goût. Ce que je cherche c'est la justesse, je veux juste retranscrir des émotions réelles, ou qui pourraient l'être. Je crois que le pire c'est quand quelqu'un est persuadé d'être un génie, d'être juste transcendant et tellement novateur. L'important, je pense, c'est de rien prétendre, de pas juger ce qu'on fait. Et en l'occurence je parle de l'écriture mais ça pourrait être le dessin, la chanson ou je ne sais trop quoi. Sinon j'ai encore l'impression d'écrire pour ne rien dire, mais ça ne change pas de d'habitude. Plus je lis plus je suis inspirée, je m'abreuve de la vie des gens, je trouve ça passionnant quand elle est bien racontée, dans un certain souci des détails. En ce moment il fait beau et ça m'amuse de voir les gens de mon quartier de bourges de droite sortir enfin. J'ai croisé personne de l'hiver, et voilà qu'avec l'arrivée du beau temps et des petits oiseaux, j'ai l'impression que les gens vivent. Les gens de mon quartier hibernent, ça rend les rues horribles en janvier, on y croise pas un chat. C'est flippant même, flippant de calme et de tranquilité. A part ça je suis fascinée par les filles belles qui fument, je trouve que le geste est vraiment impressionnant, je trouve qu'une cigarette coincée entre deux lèvres c'est vraiment joli. Et puis la fumée qui en sort, dans un nuage grisâtre, c'est élégant. Je ferais bien une collection d'images de gens qui fument.
Par Elle.
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Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray.
 
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