Elle a de la suite dans les idées.

Mardi 13 novembre 2007

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Bourrée de défauts, pleine de qualités,  imparfaite, parfaite aux yeux de certains .  Détestée, adorée, aimée. Pour moi, la perfection, c'est l'imperfection, c'est  avoir  de l'allure, une attitude,  dégager quelque chose, savoir  jouer avec les mots. Le perfectionnisme, c'est tendre vers une un leurre, la régularité, c'est une illusion. J'aime que les choses ne tiennent qu'à un fil, la routine c'est ma plus grande crainte, je hais la lassitude. Je déteste que les choses se ressemblent, j'aime les personnages atypiques. Les gueules, les sales caractères, l'excès. Horreur du conformisme. J'ai beau dire que je ne crains rien ni personne, c'est faux. Je me voile la face en me faisant croire que je sors du lot. Je suis comme une robe tendance sur un portant H&M, j'existe en des millions d'exemplaire, ici, ailleurs, partout, éphémère. Je change sans cesse, parfois comme-ci, parfois comme-ça, insaisissable. Quand j'aime, j'aime vraiment. Fort. Je suis capable de tout pour parvenir à mes fins, quand je veux quelque chose, je fais tout pour l'avoir. Je veux me donner les moyens, je veux, je veux, je veux.
Par Elle.
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Mardi 13 novembre 2007
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"Comment tu fais pour laisser le chien enragé de l'amour te dévorer le coeur, la bave aux lèvres, quand tu sais que tu  peux pas dire "toujours" mais que ton coeur repoussera pas non plus comme le foie de Prométhée, tu dois vivre avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête..."

Alizée Meurisse, Pâle Sang Bleu
Par Elle.
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Mercredi 14 novembre 2007
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"You're the rain, you're the stars, you're so near, you're so far,  you're my friend, you're my foe, you're the miles  left to go. You are everything I ever wanted."

J'adore les paroles de cette chanson, et la voix de Charlotte Gainsbourg, les arrangements de Air me font juste fondre. C'est juste, simple, pur. Et puis cette fille c'est la perfection, stylistiquement parlant.

Aujourd'hui je suis allée au cinéma avec M, voir Darling. C'est bizarre, je sais pas trop quoi en penser. J'ai pas passé un mauvais moment, ni rien, mais je trouve que la réalisatrice n'est pas allé au bout du truc. On ne comprend pas tellement où elle veut en venir. La violence est là, pendant tout le film, elle est latente, et paradoxalement on ne la voit pas. J'aime que les metteurs en scène n'aient peur de rien, et là, j'ai eu l'impression que toute la violence physique était restranscrie par des mots, à part que le corps, lui, c'est pas ça qui le fait souffrir. C'est les coups. On peut rien reprocher aux acteurs, Marina Foïs est géniale, à mon avis elle est bien partie pour une nomin' aux Césars. Enfin ne nous avançons pas trop. A voir, maintenant : Les Promesses de l'Ombre, avec le génial Viggo, et Le Rêve de Cassandre. Viggo je l'aime parce qu'il est pas "people", il est intelligent, et pas trop lisse, ça se voit qu'il a vécu. Il a pas une peau de bébé à 40 balais quoi. Hâte de le voir en mafieux russe.

Par Elle.
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Dimanche 18 novembre 2007
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Elle frotte  ses lèvres nerveusement,  le sucre roux du gommage Yves St Laurent dissout les peaux mortes et roses de sa bouche pulpeuse. Elle retire  l'excédant  comme pour effacer ses péchés, qui disparaissent avec l'eau  sale et gelée dans les méandres  des tuyaux d'évacuation.  Le lavabo  immaculé devient  sombre,  elle  y jète un  coton-tige  qui s'enfonce et se coince, bouchant toute issue.  Elle est coincée, à présent.  Plus rien ne peut s'échapper, nulle part.  Elle se sent vide,  exempte de tout sentiment,  son cerveau est vide, si bien que lorsqu'elle  cogne sa tête contre la céramique du lavabo, ça sonne creux.  Elle s'allonge  à demie-nue  contre  le carrelage  glacé ,  son soutient gorge trop petit lacère sa peau claire parsemée de tâche de rousseur.  Elle le retire, ferme les yeux, s'endort.  Exsangue.
Par Elle.
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Mardi 20 novembre 2007

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RETENIR SES LARMES SUR "LOVE IS A LOSING GAME"
SENTIR SA GORGE SE NOUER SUR "BACK TO BLACK"
SE MORDRE LES JOUES SUR "WAKE UP ALONE"
SOURIRE SUR "REHAB"
FERMER LES YEUX
KIFFER.


Comment elle fait, cette fille, pour faire passer tant de chose sur un simple disque ? D'où il vient, tout ce talent ? Et ce petit corps maigre et frêle, comment il fait pour supporter le poids d'un don artistique si impressionnant ? Hein ? Quelqu'un m'explique ?
Pourquoi certaines personnes, sont, comme ça, Dieu sait comment, dotée de ce petit quelque chose qui les rend unique ? Freud dirait que la création artistique est une alternative à la névrose. Que les gens trop faibles pour supporter leur conflit intérieur s'y réfugient, préférant assouvir leur désir dans un monde purement imaginaire, fantasmé. Et que l'avantage qu'on les artistes sur les névrosés c'est qu'ils savent faire la différence entre rêve et réalité. Moi je dis que c'est pour ça qu'on peut pas se prétendre artiste. La Star Academy c'est un beau mensonge inventé de toute pièce pour faire croire aux cons qu'ils pourront devenir des gens géniaux, et améliorer leur condition moyenne. Devenir une idôle, une star, une diva. Mon cul ouais. Les vraies icônes, elles sont admirées parce qu'elles sortent du lot, bordel. On ne peut pas s'inventer artiste, parce que c'est pas de notre ressort, tout bêtement. Alors Jenifer et compagnie, remballez, siouplé. 
Merci d'avance.

C'était un communiqué du Comité pour la Sauvegarde de l'Art, du Vrai (CSAV)

 

Par Elle.
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Mardi 27 novembre 2007

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 Y'a des moments comme ça, où tu te sens juste affreuse, à force d'être entourée de canons. Je précise que j'ai des copines toutes plus sublimes les unes que les autres, et je précise aussi que je ne suis absolument pas jalouse, que je les trouve toutes splendides, et ça s'arrête là. Je me sens absolument pas amère, y'a aucune rivalité entre nous, on s'entend toutes super bien. Je trouve ça génial d'avoir un groupe aussi soudé, sérieusement. J'aurais pas pu rêver mieux, mes copines sont parfaites à tous points de vue. Je sais que si ça va pas, elles sont là, je sais qu'elles me jugeront pas. Je trouve ça essentiel. Bref, quelle drôle de chose que l'image de soi-même. Dans le miroir, on peut pas dire que je me trouve hideuse, je me trouve passable, disons. Le pire c'est les photos en fait, rien de plus affreux qu'une image figée, qui ne vous montre pas tel que vous êtes vraiment. Y'a tellement de choses que je voudrais changer chez moi. En fait, c'est par passes. Y'a des moments où j'aime certaines parties de moi, et d'autres pas. En même temps j'essaie de relativiser, de me dire qu'il y'a sûrement cent fois pire que moi... mais y'a aussi cent fois mieux que moi. Parfois je me sens en quête de compliments, je trouve ça pathétique, mais les mots gentils c'est un moyen de se rassurer. Y'a toujours le moment où je me demande si toutes ces choses adorables sont sincères, ça me fait presque angoisser. Je donne peut-être l'image d'une fille super sûre d'elle, mais c'est pas vraiment le cas, en fait. Je me trouve nulle, et j'ai pas envie de me trouver nulle, je voudrais m'adorer de A à Z. 

 

Par Elle.
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Vendredi 30 novembre 2007

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Lasse. Lasse d'entendre le réveil sonner tous les matins, d'appuyer sur le bouton. Lasse de faire toujours les mêmes choses, dans le même ordre. Se rendormir un quart d'heure, se lever, encore ensommeillée, faire couler l'eau, enlever sa nuisette, se faufiler sous la douche. Fermer les yeux en sentant l'eau chaude sur son corps, attraper son peignoir, s'y glisser, grelotter. Toujours les mêmes gestes, la fatigue, l'ennui. Enfiler un à un chacun de ses vêtements et sentir chaque bout de tissu frotter contre sa peau. Se regarder dans le miroir, soupirer en voyant ses yeux cernés. Grignoter, soupirer, se maquiller, soupirer, arriver en retard en cours, soupirer. Encore et toujours, telle un robot, Robot Rock dans les écouteurs de l'iPod, objet ô-combien tendance que le mouton que je suis se doit de posséder. Et ce froid, piquant, surprenant. Un de celui que vous ne sentez pas, le matin, en sortant de chez vous, et qui vous prend en fourbe après deux trois minutes de marche. Celui qui vous donne envie de vous coller au radiateur, quitte à arriver en avance au lycée, rien que pour savourer la chaleur artificielle des géants de métal dont la peinture jaunâtre s'effrite. Et cette pluie, glaciale, mesquine. Une de celles qui ne vous mouille pas franchement les cheveux, qui ne trempe pas vos vêtements, mais qui les attaque en les marquant de petites traces foncées, et qui suffit à former des petite flaques d'eau que vous n'évitez pas. Celle qui vous donne envie de vous enfermer dans une pièce, quitte à ce que ce soit une salle de cours, tout sauf la pluie, tout sauf ça. Ah, et parfois on a envie de crier un bon coup, hein. On est tentés de péter un cable, de dire merde aux profs, de dire merde à la vieille qui veut notre place dans le métro, et au gros qui pue à côté, et à ce connard de libraire qui n'a toujours pas le dernier Jalouse. On a envie de faire un doigt d'honneur, dans les règles de l'art, au nabot qui nous sert de Président, et à ce gros lard de prof de maths qui lui a donné son vote. Au lieu de ça, on reste sage, on se contente de sortir un peu de ses gonds deux trois fois dans la journée. C'est le syndrome du "putain". On l'entend beaucoup, en ce moment, celui-là. Sans raison ou presque, sans explication, aucune, juste parce que... putain quoi.
Human after all, merci Daft, d'être un peu Punk.

 

Par Elle.
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Samedi 1 décembre 2007

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Elle lui mordrait la lèvre jusqu'au sang, il lui grifferait le dos pour laisser de grosses marques sur sa peau. Ils voudraient laisser des marques indélébiles sur le corps de chacun, pour que leur amour se voit, que rien ni personne ne puisse le contester. Elle aimerait verrouiller chaque partie de son cerveau pour qu'il ne pense qu'à elle, il aimerait menotter sa langue pour qu'elle n'embrasse personne d'autre que lui. Elle l'aime, tellement, tellement fort. Il l'aime vraiment, vraiment à la folie. Ils sont trop jeunes pour se dire les choses, pour se projetter, pour se dire "à jamais". Ils se contentent de profiter, d'occulter les parties trop sombres de leurs pensées. Elle l'a vu, là, sur le quai de la gare, les yeux brillants. Il l'a vue, là, sur le quai de la gare, les épaules grelottantes. Sa jupe se soulevait par de petits mouvements graciles, qui dévoilaient un peu plus la courbure de ses cuisses. De petites jambes frêles, pas très solides, sur lesquelles on pouvait voir des poils blonds se hérisser. Ses cheveux à lui, en désordre, ondulaient grâce au vent qui filtrait, arrivant de l'extérieur où la température avoisinait les deux degrés, pour se faufiler dans le hall de la gare. Une gare, c'est grand, vaste, il y'a plein de passage, alors forcément, ça crée des courants. Des courants d'air, des courants électriques même, et aussi des coupures de courants, parfois. Elle s'est mordillé la lèvre, elle en a arraché les petites peaux roses. Il a passé nerveusement la main danse ses cheveux en bataille, il s'est rongé les ongles de la main gauche. Une espèce de tension palpable, indescriptible et inexplicable. La faute aux courants, peut-être. En l'occurence ils avaient plutôt affaire à des courants d'éléctricité, des décharges fortes, le genre de truc qui vous arrive quand vous touchez d'un peu trop près à la prise péritel de la télé, qui vous donne des fourmillements partout et vous engourdit tout le corps, si bien que vous prenez peur, alors qu'en réalité, ce n'est rien. Rien d'autre qu'un truc qui vous traverse en entier et n'épargne aucune partie de votre corps, aucune. Alors à ce moment précis, quand il a posé ses yeux sur ses lèvres - il s'en souvient parce que c'est la première chose qu'il a vu chez elle, chez cette fille qui passait son temps à manger son baume à lèvre à la cerise, bouffant en même temps ses petites peaux roses -, il a pris un putain de coup de jus. Pour elle ça s'est plutôt traduit par un frisson puissance mille, comme si tout à coup, il n'avait plus fait deux degrés, mais moins trente, comme si elle était passé de la gare St Lazare à une station paumée en pleine Sibérie. Par  un Orient très Express. A travers ses collants du Tati Barbès-Rochechouart à trois francs six sous, ses poils se hérissaient, ils auraient presque transpercé le tissu, presque. Il a suffit de deux trois mots, de la chaleur d'un souffle, de quelques syllables articulées. Pas de flot de paroles interrompu, pas de blabla inutiles, juste le stricte minimum, ils faisaient à l'économie. Du développement durable, on appelle ça. Ou comment se préserver au quotidien pour miser sur le long terme. Comme ça, pas d'épuisement des ressources, ils étaient sûrs et certains d'avoir toujours des choses à se dire. Elle n'avait qu'à le regarder avec un air malicieux pour qu'il comprenne qu'elle avait envie de lui, et il lui suffisait de passer la main sur sa joue pour qu'elle sache qu'il était là pour elle. Simple comme bonjour, comme salut, comme coucou, kikoo, hello, hey, yo, wesh, big up. C'était comme ça entre eux, pas très compliqué, sans passé, ni futur, mais avec un putain de présent dont ils se déléctaient.

Par Elle.
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Lundi 10 décembre 2007

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Surenchère du trash, du dégueu. Violence et vulgarité font bon ménage chez  certains gamins,  de ceux qu'on lit sur les blogs , qu'on croise dans toutes les grandes villes, de Panam' à la province.  Idoles détruites, rongées par la célébrité, l'alcool, les drogues, la vie. Jeunes, beaux, morts. Se montrer, avec narcissisme, exhiber au monde entier la décadence d'une vie scénarisée, mise en scène, fantasmée. Une vie qu'ils n'auront jamais, mais qu'ils se plaisent à exposer. Photos un peu arty, c'est pas toujours joli-joli, mais chérie, tu comprends c'est tellement hype-trash-ta-mère-en-string-léopard-me-fait-un-cunni. Drogue, sexe, et fric. Montrer qu'on a les moyens, mépriser toute mesure, toute notion de l'argent, claquer du fric, boire du champagne, se faire des lignes. Ou plutôt boire du mousseux, se faire des lignes en farine. C'est faux, c'est joué, c'est hypocrite, c'est mal joué. Alors voilà, il doit y'avoir une explication à tout cela ? Malaise d'une génération qui se revendique ? Après les années hippie, punky... Bienvenue dans les années pourries.

Par Elle.
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Samedi 15 décembre 2007
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Entre euphorie

&  désillusion.

Par Elle.
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